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Anne Hidalgo : « Moi, je suis fidèle à mes électeurs » (Le Parisien)

Interview publiée dans Le Parisien, dimanche 17 mars 2013.

Anne Hidalgo : « Moi, je suis fidèle à mes électeurs »

Comment réagissez-vous à l’élection d’un pape d’Amérique latine ?

Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris et candidate aux municipales de 2014 : Avoir élu un pape latino-américain et jésuite est intéressant. Bien que n’étant pas croyante je me suis beaucoup intéressée à l’église d’Amérique-Latine, tournée vers les pauvres. Même si comme beaucoup de Français je découvre le pape François, sa personnalité humble véhicule sans doute un message inédit qui fait écho à l’époque.

Souhaitez-vous toujours que la réforme des rythmes scolaires soit mise en place à Paris dès la rentrée 2013 ?

Oui car j’ai la conviction que les rythmes scolaires jouent un grand rôle dans la réussite éducative des enfants. La concertation que nous avons lancée pour proposer différents aménagements se poursuit. Si nous disposons d’une majorité lors du Conseil de Paris des 25 et 26 mars, pourquoi attendre 2014 pour mettre en place cette réforme que réclament impatiemment les parents? Cette réforme contribuera aussi à une meilleure articulation entre vie familiale et vie professionnelle. Je pense aux Parisiennes. Elles sont 87 % à travailler.

Comment allez-vous réussir à incarner le renouveau et à vous émanciper de Bertrand Delanoë sans renier son bilan?

D’abord, ce bilan, je le revendique, puisque j’y ai moi-même contribué depuis 2001. Le mot héritière revient en boucle. Mais moi, je pose une question. Laquelle des deux, entre Nathalie Kosciusko-Morizet et moi-même a plus ce profil ? Pour ce qui me concerne, je n’étais pas programmée pour être candidate à la mairie de Paris. Mon père était ouvrier, ma mère couturière et ils ne parlaient pas un mot de français quand ils sont arrivés. Je me suis construite grâce aux valeurs qu’ils m’ont inculquées, à l’école et au travail. Je veux à présent écrire une nouvelle page en m’inscrivant dans la longue histoire de Paris. Et si aujourd’hui, je peux faire des propositions qui répondent aux défis de notre société, c’est grâce aux transformations de Paris accomplies par Bertrand Delanoë.

Où vous présenterez-vous?

Comme d’habitude dans le XVe, là où je vis. Moi je suis fidèle à mes électeurs.

Vous voulez le non cumul et la parité pour les têtes de liste PS dans les arrondissements. Comment allez-vous faire passer ces mesures?

Depuis 2001, Paris a toujours été à la pointe des combats de modernisation des pratiques politiques. Nous devons être exemplaires. Les maires d’arrondissement qui sont aussi des parlementaires – et ont souvent gagné avec des scores très importants – mettront la confiance que les électeurs leur ont témoignée au profit du renouvellement et de la parité.

Il n’y aura pas de primaire à gauche puisque Jean-Marie Le Guen ne sera pas candidat. Quelle est votre réaction ?

Je suis très heureuse du soutien que m’a apporté Jean-Marie Le Guen, un homme qui compte, une parole forte et avec qui nous partageons une vision volontariste sur la naissance d’une métropole parisienne à dimension mondiale. Ce soutien est important, il prendra toute sa part dans la campagne qui s’engage. Il exprime le large rassemblement engagé autour de ma candidature, depuis plusieurs mois maintenant.

La modernité ne risque-t-elle pas d’être du côté de la primaire de l’UMP ?

Jean-Marie Le Guen a raison de comparer la primaire de l’UMP Paris à la Star Ac’. D’ailleurs, peut-on vraiment parler de primaire ? J’y vois plutôt une désignation qui est déjà contestée par trois des candidats. La modernité pour moi, c’est l’engagement sincère et authentique au service des Parisiens. Et notre rassemblement n’a pas d’autre objectif.

Vous faites un long développement dans votre livre sur le numérique à Paris. Quel est l’enjeu ?

Dans ce livre, je donne ma vision, à partir de mon expérience, sur les grands défis que Paris doit relever sur le plan économique, climatique, démocratique. A l’échelle des villes-mondes, Paris est parmi les villes leaders dans le numérique, devant Londres. Ce n’est pas le fait du hasard, nous avons investi durant cette mandature un milliard d’euros pour favoriser l’innovation, développer des pépinières et des incubateurs. Paris compte déjà plusieurs milliers de start-up et PME innovantes. La proposition de Fleur Pellerin de créer un quartier numérique dans la halle Freyssinet, avec 1000 nouvelles start-up, est très intéressante car c’est l’industrie du futur qui tirera la croissance et l’emploi. Je veux que Paris avec le Grand Paris, devienne la métropole mondiale du numérique. Mais Paris a aussi des atouts dans l’économie sociale et solidaire qui sera au cœur de mon projet.

Y a-t-il en définitive une différence marquée entre le projet que vous portez au nom de la gauche et celui de la droite ?

Je veux une ville qui ose sur le plan économique, architectural, environnemental, moteur du Grand Paris. Cette ambition va de pair avec la ville bienveillante que je veux promouvoir, qui propose des services de proximité aux familles, aux jeunes actifs et aux classes moyennes, tout en maintenant une part importante de logement social – je fais mien l’objectif de 25 %. Je veux conjuguer les atouts de la ville-monde et ceux de la proximité. La droite a combattu notre projet sur la mixité et elle s’est systématiquement opposée à ce que la place de la voiture soit remise en cause. Lors des municipales, il y aura deux projets, l’un progressiste et écologiste, l’autre conservateur. Il faudra être dans la sincérité : que chacun assume ce qu’il est, et en particulier, en terme de culture démocratique. J’attends toujours que la droite sorte de son silence assourdissant sur la condamnation pour fraude électorale de l’ancien maire Jean Tiberi, qu’elle nous montre ce qu’elle sait faire en matière de parité et de non-cumul des mandats.

Propos recueillis par Christine Henry et Philippe Martinat

Crédit photo : Julien-René Jacques

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