Myriam El Khomri : "Mme Kosciusko-Morizet persiste, M. Péchenard signe"

Myriam El Khomri : "Mme Kosciusko-Morizet persiste, M. Péchenard signe"
CR : Mathieu Delmestre

Accueilli par la droite parisienne en sauveur de Mme Kosciusko-Morizet, M. Péchenard est le symbole de la faillite magistrale de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Sa candidature dans le 17e arrondissement de Paris devrait être l’occasion d’assumer devant l’ensemble des Parisiens son bilan accablant.

Face à la baisse injustifiable des effectifs de police à Paris que Mme Kosciusko-Morizet s’efforce à chaque sortie médiatique de démentir, je réaffirme haut et fort, chiffres à l’appui, qu’au 30 septembre 2009, la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne 75 (DSPAP 75) comptait 9973 policiers ; au 31 décembre 2012, ils n’étaient plus que 8230, soit une perte nette de 1743 policiers à Paris intramuros entre 2009 et 2012. (Au niveau national, 7300 postes de policiers ont été supprimés entre 2007, année de la prise de fonction de M. Péchenard à la tête de la police nationale, et 2012).

Cette baisse des effectifs s’est également accompagnée d’une baisse de 25% des moyens de fonctionnement de la police nationale en 2010, ainsi qu’en témoigne la Cour des Comptes dans son rapport de juillet 2011. Cette baisse a indéniablement aggravé les conditions de travail des policiers et les conditions de vie des habitants, notamment dans les quartiers populaires. Rappelons que les baisses d’effectifs ont principalement concerné les commissariats des 18e, 19e et 20e arrondissements; alors que ces mêmes territoires sont les plus confrontés à des problèmes de sécurité. C’est d’ailleurs pour cette raison que Manuel Valls a décidé d’y affecter la moitié des 332 gardiens de la paix fraichement sortis d’école le 4 décembre dernier.

Ce même rapport de la Cour des Comptes, cité de façon approximative par Mme Kosciusko-Morizet sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin le 9 décembre, dénonce la dictature des chiffres orchestrée par M. Péchenard dans les commissariats qui «accorde une priorité croissante à la constatation de l’infraction la moins lourde (...) au détriment du démantèlement des réseaux » [1] . Ces pratiques liées à une manipulation à grande échelle des statistiques de la délinquance sont d’ailleurs confirmées par l’Inspection générale de l’administration (IGA) dans son rapport publié en juin 2013 [2] , avec notamment la non-comptabilisation de certains types d’infraction, l’utilisation abusive de la main courante afin de limiter le nombre de plaintes enregistrées, l’intégration de données les mois suivant les dépôts de plainte pour alléger le nombre de faits constatés, etc. A titre d’exemple, le rapport de l’IGA indique que dans le seul XVIIe arrondissement de Paris, «6686 faits, dont 984 délits et 5702 contraventions, ont été enregistrés sans activation de leur prise en compte statistique ».

Ces contre-vérités et ces approximations, je me dois de les rectifier car la somme d’imprécisions sur ce thème, comme sur bien d’autres, ne fait pas une vérité, encore moins un programme.

 

Myriam El Khomri, porte-parole d'Anne Hidalgo

 

[1] Cour des comptes, Organisation et gestion des forces de sécurité publique, juillet 2011, p. 36. (http://www.ccomptes.fr/index.php/Publications/Publications/Organisation-et-gestion-des-forces-de-securite-publique)

[2] IGA, Rapport sur l’enregistrement des plaintes par les forces de sécurité intérieure, juin 2013 (http://www.interieur.gouv.fr/Publications/Rapports-de-l-IGA/Securite/Rapport-sur-l-enregistrement-des-plaintes-par-les-forces-de-securite-interieure)

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Publié le mardi 10 décembre 2013 à 10h15