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Urbanisme à Paris : Mon interview à L’Express




Je reproduis sur mon site une interview réalisée par Jacques Trentesaux et parue dans L’Express en date du 12 novembre 2009 : tout en rappelant que l’urbanisme que nous développons ne se résume pas aux tours, je reviens sur ce point et livre mon opinion sur la question :


Anne Hidalgo (PS), première adjointe au maire de la capitale, s’insurge contre le "mauvais procès" dressé aux bâtiments de grande hauteur. Elle précise ses vues dans ce domaine.

Une majorité de Parisiens se déclarent hostiles aux tours. Pourtant, vous persistez...
Cessons de caricaturer les tours ! A Paris, dans l’imaginaire collectif, les tours sont celles des Olympiades ou de Beaugrenelle, qui dépassent les 100 mètres. Or nous voulons construire des immeubles d’habitation de 50 mètres maximum, soit de 15 étages environ, et n’avons jamais songé à loger des personnes dans des bâtiments de très grande hauteur.

Celle des Batignolles, que critiquent les Verts, atteindra 200 mètres...
Mais elle ne comprendra que les bureaux du tribunal de grande instance ! Les Verts nous font un mauvais procès, en utilisant la peur de la tour comme un argument électoral.

Que retenez-vous de l’étude sur le vécu des résidents des tours qui vient de vous être rendue ?
Qu’habiter en hauteur donne plutôt le sentiment d’être privilégié. Pour la vue, la lumière, le soleil... Certains disent qu’ils ont "la tête dans les étoiles". Mais pour que cela soit satisfaisant, il faut de la convivialité, des ascenseurs performants et des immeubles bien insérés dans leur quartier.

Y a-t-il une "bonne hauteur" ?
Ceux qui habitent entre le 12e et le 17e étage semblent satisfaits. Cela correspond à une altitude de 40 à 55 mètres et corrobore notre choix : porter la hauteur maximale des immeubles d’habitation de 37 à 50 mètres.

Une tour est-elle "écolo-compatible" ?
La bonne réponse écologique, c’est la ville dense. Je veux construire des endroits intenses, où se mêlent activités, logements, commerces, équipements de loisirs, espaces verts... Ceux qui nous expliquent qu’il est possible de faire une ville dense avec des immeubles de 4 ou 5 étages ont tort. Cela débouche sur l’étalement urbain et la hausse des prix de l’immobilier, donc l’exclusion de la population pauvre.

Mais Paris a déjà la densité la plus forte d’Europe !
Il ne s’agit pas de l’augmenter encore. Dans les nouveaux quartiers, la densité sera inférieure à la moyenne. Il faut remettre la question dans son contexte. Doit-on, dans les territoires en friche de la capitale, maintenir la limitation à 37 mètres, qui date de 1977 ? Ou aller parfois jusqu’à 50 mètres, c’est-à-dire 5 étages de plus, avec de grands parcs autour ? Cela dit, la question des tours n’est qu’un épiphénomène, une caricature que les médias relaient.

Que voulez-vous dire ?
La politique que nous avons engagée est bien plus large : 10% de la superficie parisienne sont situés en zone d’aménagement. Nous ne voulions pas rester emprisonnés dans une vision patrimoniale de la ville. C’est pourquoi nous avons fait le pari de l’innovation architecturale. 100 projets de jeunes architectes ont été engagés. Tous travaillent à la création d’une "générocité". C’est-à-dire une ville ouverte, conviviale, en vibration... Notre urbanisme ne se résume pas aux tours.




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