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Les correspondants de nuit entrent en action dans le 15e




Dimanche 15 novembre 2009, le Journal du Dimanche publiait un article de la journaliste Marie-Anne Kleiber, revenant sur l’entrée en fonction des correspondants de nuit dans le 15e arrondissement, ce lundi 16 novembre. Les 10e et 11e arrondissement en seront bientôt bénéficiaires également :

C’était il y a presque un an. En décembre 2008, un jeune homme de 21 ans mourait, tué d’un coup de couteau à Dupleix (15e). Pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise, des correspondants de nuit entreront en fonction dans le quartier cette semaine. Ces agents municipaux sont chargés de la sécurité de 16h à minuit. Deux autres équipes doivent se déployer dans le 10e et le 11e durant les prochaines semaines. Au total, neuf arrondissements seront dotés de cette « sécurité de proximité » lancée en 2004 à Belleville. « On aurait pu se dire que ce n’était pas dans le 15e qu’il fallait les mettre. Eh bien, si, justement, ce quartier a besoin de médiation, de dialogue, ce que développent les correspondants de nuit, qui apaisent les situations », explique Anne Hidalgo, Première Adjointe au Maire de Paris.

Le service compte actuellement 120 agents. Une trentaine de personnes ont été recrutées il y a quelques mois, par concours, puis formées pendant deux mois pour créer les nouvelles patrouilles. Le budget global sur une année se monte à 4, 5 millions d’euros. « C’est un dispositif intéressant, auquel nous sommes favorables, même si nous n’en attendons pas des miracles, explique Philippe Goujon, Maire du 15e et Président de la fédération UMP de Paris. C’est cependant fait de façon assez chiche, dans quelques quartiers seulement. »

Belleville, mardi soir, côté 20e. Soree, 28 ans, David, 30 ans, et Virginie, 31 ans, font partie des nouvelles recrues, ils iront bientôt dans le 10e et le 11e. Parkas bleu marine siglées dans le dos d’une inscription « Correspondants de nuit » réfléchissante, sacs à dos avec torche et gants en latex (mais aucune arme), ils sont en tenue. Attention, ne dites pas uniforme : « On n’est pas des policiers ! On approche plus facilement les jeunes », estime Soree. Les correspondants de nuit (CDN) partent pour une première maraude à trois ou quatre. Une patrouille de deux heures dans tout leur secteur.

Munis d’un calepin, les correspondants notent tout ce qui encombre les trottoirs et faxent leur liste le soir à minuit aux équipes chargées de la propreté. Pas de doute, le quartier est plus propre depuis leur entrée en fonction. Difficile, en revanche, d’évaluer l’impact sur la délinquance. Les équipes font de la prévention et agissent en amont. Les médiateurs de Belleville interviennent tous les soirs dans au moins une altercation, provoquée dans deux cas sur trois par des nuisances sonores. En cinq ans, quatre agents ont été agressés, mais sans qu’il y ait eu de blessures graves. « Quand cela dépasse nos compétences, explique Anne Halfinger, 27 ans, chef de la base de Belleville, on n’hésite pas à contacter les forces de police. » Une enquête de satisfaction réalisée par Ipsos à Belleville a montré que 48% des habitants et 45% des commerçants se sentent plus en sécurité depuis l’arrivée des correspondants de nuit.


Les CDN interviennent sans verbaliser


Toute la soirée, Soree, David et Virginie, accompagnés du « vétéran » Hughes, 43 ans, ancien champion de boxe thaïe, deux ans de terrain, arpentent Ménilmontant, la rue des Cascades, la rue Rebéval... Une grande marche dans la froidure du soir à s’arrêter chez les concierges, à saluer les groupes de jeunes et discuter avec eux, simplement. Car les CDN ne verbalisent pas. Ce soir-là, l’équipe d’Hughes rappelle à des collégiens que les minimotos font un bruit infernal.

Des correspondants de nuit patrouillent dans le 20e arrondissement, mardi 3 novembre. La tournée s’achève, Hugues et ses collègues discutent avec un SDF. « C’est l’une de nos fiertés, on a sorti une dizaine de sans-abri de la rue, raconte Anne Halfinger. Ils étaient nombreux à squatter au métro Belleville il y a quelques mois encore, on allait les voir tous les jours, cela a été un long combat mais une poignée d’entre eux a intégré des foyers ou des cures ». Un homme est mort aussi. « Toute l’équipe a été très affectée. » Retour à la base. Une cigarette, un kebab. Et deuxième tournée du soir.

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