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Interview dans Métro : "Un score très important"




Je vous propose de retrouver mon interview à Métro - en date du 23 mars 2010 - où je suis revenue sur le résultat des élections régionales à Paris. Les propos ont été recueillis par Vincent Michelon :


Tête de liste des régionales à Paris, Anne Hidalgo revient sur le résultat du scrutin.

A Paris, la gauche a remporté 57,9% des voix face à la droite (42%) au second tour des régionales. Comment interprétez-vous ce résultat ?
C’est un score très important. Notre stratégie qui a consisté à expliquer aux Parisiens à quoi sert la Région pour eux s’est avérée positive. Si on m’avait dit il y a trois mois qu’on finirait avec ce score, je ne l’aurais peut-être pas cru. Ce résultat est plus fort encore que celui des municipales de 2008, alors que pour nous c’était un scrutin à haut risque.

Par-delà les enjeux nationaux, en tirez-vous un enseignement sur l’ancrage de la gauche à Paris ?
Il faut voir d’où l’on vient. En 1989, la droite avait réalisé son grand chelem derrière Jacques Chirac. En 1995, la gauche a reconquis six arrondissements, puis a remporté la victoire en 2001 à 49% des voix. En 2007, lors des présidentielles, Nicolas Sarkozy est passé devant Ségolène Royal. Malgré le résultat des municipales de 2008, le PS s’est retrouvé derrière les Verts (14% contre à 28%) aux européennes. Le résultat de dimanche n’était pas évident. Le PS reste la force qui fédère et rassemble la gauche.

La gauche est passée en tête dans le Ier et le Ve, arrondissement de Jean Tiberi…
La droite a réalisé son plus faible score à Paris. Dans le Ve, on avait été majoritaires en 2004, mais de peu. Cette fois, nous obtenons 58% des voix. Dans le Ier, cela ne s’était jamais produit : nous l’emportons avec deux voix d’écart ! Dans le VI et le XVe, nous parvenons à garder le cap.



Faut-il abandonner le projet du Grand Paris ?
Je pense qu’il faut tout garder du travail réalisé par les équipes d’architectes sur le Grand Paris. En revanche, il faut abandonner le projet de loi sur le Grand Paris qui n’en a que le nom, puisque c’est un projet de métro périphérique qui ne sert pas à grand chose. Et ce que prévoit ce projet en termes de gouvernance, en laissant les collectivités locales sur un strapontin, il faut aussi l’oublier. Le président de la République doit reconnaître la légitimité des collectivités dans ce débat.

Les écologistes ont réalisé des scores importants au premier tour dans la capitale. Leur retour en force peut-il les rendre à nouveau plus visibles au sein de votre majorité ?
Nous avons toujours considéré les Verts comme des interlocuteurs sérieux. Lors des municipales de 2008, ils se sont présentés sur une liste séparée, et ils ont fait 6%. Mais dans la majorité, ils ne sont pas réduits à des responsabilités annexes. Ils ont en charge le développement durable, les espaces verts et l’environnement, le handicap et la petite enfance. Par ailleurs, leur score est important mais il faut le replacer dans une évolution plus longue. Il y a eu des transferts de voix du Modem et aujourd’hui, il existe un électorat qui se situe à l’intersection des Verts, du Modem, du PS et d’autres formations.

En s’alliant à Europe Ecologie, Jean-Paul Huchon a accepté l’idée de Pass Navigo à tarif unique. Que pensez-vous de cette mesure ?
Dans l’accord entre le PS et les écologistes, il est dit qu’on s’engage à faire une étude sur le coût et la faisabilité du Pass unique. La décision est reportée à 2012, ce qui ne veut pas dire qu’on l’appliquera en 2012. Je pense qu’il ne faut pas que cela amène les Parisiens et l’ensemble des habitants défavorisés des deux premières zones à payer plus cher. Il faut aussi regarder le coût de cette mesure : la priorité reste l’amélioration de l’offre de transports.

A gauche, on pense déjà à l’union de la gauche pour la présidentielle de 2012. Peut-on aussi penser aux municipales de 2014 ?
C’est encore loin. En 2011, il y aura les sénatoriales puis le congrès de désignation de notre candidat à la présidentielle. En 2012, ce sont les élections présidentielle et législatives. Ces événements majeurs peuvent modifier la donne. D’ici là, je crois au travail que l’on mène dans la durée et en profondeur.

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